Verre cassé, d’Alain Mabanckou
J’ai très vite vu ce qui ne tournait pas rond dans ce que j’écrivais. Mes premiers romans étaient trop académiques, beaucoup trop respectueux de l’ordre formel de la langue: sujet, verbe, complément. Verre cassé est mon premier roman où j’ai pu réellement m’émanciper de la dictature de l’écriture classique. J’avais enfin compris que le véritable écrivain ne se laisse pas dominer par les règles. Au contraire, c’est lui qui impose à la langue ses règles.
Alain Mabanckou
Chers lecteur, lectrice, pour finir dans la bonne humeur et à l’occasion de notre dernier livre de la saison 2012/2013 du Club de lecture en français, nous quittons le café de l’Odéon de Paris de notre lecture précédente pour partir au bar Le crédit a voyagé au Congo.
Alain Mabanckou, écrivain africain francophone, est né le 24 février 1966 au Congo Brazzaville.
Il suit ses études primaires et secondaires à Pointe-Noire, capitale économique du Congo et obtient un baccalauréat option Lettres et Philosophie.
Plus tard il fait des études de Droit à Brazzaville, puis en France à l’Université Paris-Dauphine (Paris IX) où il obtient un DEA en Droit des affaires. Parallèlement au poste de conseiller qu’il occupe à la Compagnie Lyonnaise des Eaux, il publie des livres de poésies entre 1993 et 2004 et en 1995 il reçoit avec L’usure des lendemains le Prix Jean-Christophe de la Société des poètes français.
Avec son roman Bleu-Blanc-Rouge, édité à Présence Africaine, il remporte le Grand prix littéraire d’Afrique noire en 1998, puis exerce en tant que professeur des littératures francophones pendant quatre ans à l’Université du Michigan.
Il a reçu de nombreux prix dont notamment celui du Renaudot pour Mémoires de porc-épic (Seuil, 2006) et en 2012, l’Académie Française lui a décerné le Prix Henri Gal pour l’ensemble de son œuvre.
Dans l’actualité il enseigne au Département d’études francophones et de littérature comparée à l’Université de Californie-Los Angeles.
Verre cassé est son cinquième roman avec qui il a reçu le Prix des Cinq continents de la Francophonie, Prix Ouest-France/Etonnant voyageurs et Prix RFO en 2005 et celui qui l’a rendu vraiment populaire.
Alain Mabanckou s’amuse avec la ponctuation tout le long du livre, de nombreuses virgules, pas de point ni de point virgule laissant la place à une palabre oratoire correspondant bien à la littérature africaine que l’on a devant les yeux, pleine d’humour, de poésie, d’optimisme, d’ironie et de vérités et semée d’une quantité de références littéraires qui fait le petit bonheur du lecteur avisé…
Verre cassé est un client assidu du Le crédit a voyagé, bar crasseux et malfamé d’un bidonville congolais en Afrique centrale. Son patron l’Escargot Entêté lui confie le soin d’immortaliser dans un cahier les histoires étonnantes de la troupe de client qui fréquente son bar car il connait bien ce dicton “En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle”.
Ainsi nous connaîtrons chaque histoire toute aussi étonnante que grotesque. Celle de l’homme aux langes Pampers, celle de Verre cassé, le narrateur, Mouyeké, l’arnaqueur, toutes ces histoires atypiques, drôles, absurdes, mais bien réelles comme la vie même.
Esther Bruna
Club de Francès.
