L’écume des jours. Boris Vian

“Maintenant, les feuilles des arbres étaient grandes et les maisons quittaient leur teinte pâle pour se nuancer d’un vert effacé avant d’acquérir le beige doux de l’été. Le pavé devenait élastique et souple sous les pas et l’air sentait la framboise. Il faisait encore frais mais on devinait le beau temps derrière les fenêtres aux vitres bleuâtres. Des fleurs vertes et bleues poussaient le long des trottoirs, et la sève serpentait autour de leurs tiges minces avec un léger bruit, humide comme un baiser d’escargots.” Boris Vian
 
Chers lecteurs/lectrices,
 
Le roman que vous vous emportez ce mois-ci est le plus connu de l’écrivain français Boris Vian né en 1920 à Ville –d’Avray , considéré de nos jours comme un roman culte de la littérature française bien qu’il n’eut aucun succès de son vivant. Cette édition du Livre de Poche enrichie des annotations de Gilbert Pestureau , éclaire le contexte littéraire ainsi qu’un glossaire des néologismes et l'ecume des jours l’explication des pratiques de la langue utilisée par l’auteur.
 
Publié en 1947, L’écume des jours est une œuvre qui s’inscrit dans le renouvèlement du genre romanesque marquant l’époque d’après-guerre et qui se caractérise par une écriture en apparence désinvolte, absurde et pleine d’éléments surréalistes mais qui décèle l’angoissante présence de la dégradation physique, la mort et le désarroi de l’homme et sa condition. La musique de jazz très en vogue dans les années 1940 occupe une place importante dans le récit, Vian fait une critique du monde du travail, de la guerre et de la religion et une parodie du philosophe Jean Paul Sartre et du courant existentialiste.
 
Il est recommandé au lecteur/lectrice d’être attentif à l’écriture particulière, moderne et cinématographique de la langue chez Vian pour se laisser emporter par son invraisemblance afin de bien saisir l’histoire. La fantaisie verbale, les jeux de mots et les termes inventés sont la base de cette tragique histoire d’amour entre Colin et Chloé, considéré par son ami Raymond Queneau comme « le plus poignant des romans d’amour contemporains ».
 
L’auteur
Boris Vian obtient son baccalauréat en philosophie, option mathématiques et entre à l’École centrale de Paris en 1939 puis travaille en tant qu’ingénieur à l’Association française de normalisation. Il se rend compte qu’il possède un talent pour la musique de jazz en fréquentant les cafés de Saint-Gernain-des-Prés, quartier des artistes et des philosophes à Paris où il anime ces endroits de la vie intellectuelle et culturelle en jouant de la trompette. Il a écrit des romans, des poèmes, comédies musicales, adaptations musicales de ses romans, scénarios de films, opéras, critique musical. Il a collaboré dans la revue fondée par Jean-Paul Sartre en 1945 Les temps modernes ainsi qu’au journal Combat dirigé par Albert Camus. Boris Vian
 
Il publie plusieurs romans sous le pseudonyme de Vernon Sullivan qui suivent la tradition du roman noir américain comme Les morts ont tous la même peau ou J’irai cracher sur vos tombes (1946) qui obtient un succès immédiat en 1947 à cause de sa violence et obscénité, mais dont il sera condamné par la suite pour outrage aux moeurs en 1950. Et il publie des romans sous le nom de Boris Vian comme L’automne à Pékin (1947) ou L’herbe rouge entre autre. Il a composé pour Juliette Gréco et pour Serge Regiani.
 
J’affiche un lien ici-bas de son œuvre et biographie si vous souhaitez en savoir davantage à son propos et vous annonce aussi que du 16/01/2018 au 10/03/2018, au Théâtre de la Huchette à Paris aura lieu une reprise de l’Écume des jours.
 
L’histoire
Colin est un jeune homme riche et snob, insouciant qui va faire la connaissance de Chloé à une fête qu’organise son amie Isis, en tomber amoureux, se marier. Une maladie fera irruption dans leur vie l’obligeant à reformuler tous ses principes…
 
VIDÉO
 

 
Biographie de Boris Vian
 
Biblioteca Joan Oliva i Milà.

Goldfinch