La fille du puisatier, de Marcel Pagnol
La première fois que Pagnol et Fernandel se rencontrent (les deux ayant grandi
à Marseille, dans le même quartier, ayant conquis la gloire à Paris au début du vingtième siècle, sur les planches du Boulevard):
“Tu as du génie”, lui dit Pagnol.
“C’est bête de penser qu’on a vécu si longtemps si près l’un de l’autre et qu’on ne s’est jamais rencontrés”, lui répond Fernandel.
“On s’est sûrement rencontrés, mais on ne pouvait pas se reconnaître puisqu’on ne se connaissait pas! Mais maintenant on ne se quitte plus puisqu’on est des amis d’enfance!”
“Pagnol, c’est un menteur de charme!”
Voilà comment Fernandel, un des acteurs les plus populaires du cinéma français à qui il vouait une admiration sans limites se plaisait à le décrire.
Il faut dire que notre adorable artiste tragique-comique, monstre de la scène, pour qui Pagnol écrivit tant, avait bien trop raison car Marcel avait un don, le don de savoir toucher les cœurs avec sa tendresse, son humour, sa façon d’être mais aussi sa rigueur au travail qui provoquera -hélas- entre eux un malentendu qui ternira leur amitié.
C’est un des auteurs dramaturge, poète par excellence qui sait dépeindre jusqu’au minime détail l’atmosphère de la Provence, en l’embellissant.
Il nait à Aubagne, le 28 février 1895 et son génie le fait entrer à l’Académie française à l’âge de 47ans, sa réception fut filmée par Jérôme Tharaud, ce qui constituait une première dans l’histoire de l’Académie française.
La plupart de ses œuvres sont adapté au cinéma ainsi que celles de Giono et d’Alphonse Daudet. Il met en scène les plus grands acteurs de l’époque comme Jouvet, Raimu, etc., et fonde la revue Fantasio –les futurs Cahiers du Sud.
Si l’on veut connaitre son autobiographie dans tous les détails (son enfance, adolescence, l’amour qu’il porte à sa famille,) et s’engouffrer dans les paysages bucoliques et les mœurs méridionaux qui ont été sa vie, il faut lire sans aucun doute la trilogie (La Gloire de mon père, Le château de ma Mère et Le temps des secrets).
Les paroles de ses textes ont le pouvoir de nous transporter “in situ” aux collines, près de Marseille, là ou il est nait. Son style de prose si simple et pourtant si beau nous imprègne de l’âme des gens du midi. Il est trop difficile de ne pas succomber à son charme.
C’est pour tout cela et pour bien plus que cet été, les membres du Club rendons hommage à Pagnol et à son talent et lisons La fille du puisatier, un de ses nombreux livres qui sortit au cinéma en 1940, pendant l’armistice et sous sa direction avec comme principaux acteurs Josette Day et Fernandel) et qui est réadapté, de nos jours, au grand écran par Daniel Auteuil (directeur) avec Kad Merad et Sabine Azéma (acteurs).
Marcel Pagnol meurt le 18 avril 1974 mais restera toujours vivant dans nos cœurs.
Au plaisir de vous revoir et bonne lecture!
Le livre:
La fille du puisatier est une adorable jeune fille qui a des manières de princesse et qui fait l’admiration de son père.
Elle mène une vie paisible jusqu’au moment où l’amour sonne à sa porte et elle s’éprend d’un pilote de chasse à qui, elle se donnera une nuit, au clair de lune, le vent soufflant dans ses beaux cheveux et dans le marc idyllique du beau paysage de campagne de la Provence.
Les deux amoureux se donnent rendez-vous pour une autre rencontre mais Jacques est envoyé précipitamment au Front et ne peut l’avertir.
A partir d’ici commence le drame. Différence de milieux sociaux, mœurs sociales de l’époque, valeurs personnelles….
Esther Bruna
Club de Francès.
