La princessa de Clevès. Madame de La Fayette
Quelque approbation qu’ait eue cette histoire dans les lectures qu’on en a faites, l’auteur n’a pu se résoudre à se déclarer; il a craint que son nom ne diminuât le succès de son livre. Il sait par expérience que l’on condamne quelquefois les ouvrages sur la médiocre opinion qu’on a de l’auteur et il sait aussi que la réputation de l’auteur donne souvent du prix aux ouvrages. Il demeure donc dans l’obscurité où il est, pour laisser les jugements plus libres et plus équitables, et il se montrera néanmoins si cette histoire est aussi agréable au public que je l’espère. Le libraire au lecteur.
Chers lecteurs, lectrices
Je vous souhaite, tel ce libraire, que la lecture de ce mois-ci vous soit attrayante et vous transporte au XVIe siècle, dans l’atmosphère luxueuse et raffinée de la cour avec ses fastueuses cérémonies et ses intrigues, à l’époque de la dynastie des Valois et plus précisément pendant les derniers mois du Règne d’Henri II et les premiers de François I. Un petit conseil tout de même : ne vous en faites pas trop si au départ vous perdez le fil et persistez dans votre lecture. Cela fait partie de la règle du jeu et du décor.
Combinant histoire et fiction, il semblerait que Madame de La Fayette, femme de lettres française, née Marie-Madeleine Pioche en 1634 à Paris, issue de la petite noblesse, n’eut aucun intérêt à faire une reconstruction historique bien qu’elle présenta l’histoire comme un récit historique du temps d’Henri II. Son intérêt résidant plutôt à décrire, les sentiments et coutumes de la cour, ayant elle-même fréquenté et observé de l’intérieur celle de Louis XIV, lorsqu’elle fut nommée dame d’honneur d’Henriette d’Angleterre (1661).
Elle fit un mariage convenu avec un gentilhomme de la haute noblesse provençale, François de La Fayette, et intégrée dans les salons mondains précieux et parisiens tel celui de Mlle de Scudéry et de l’hôtel Rambouillet, elle côtoya aussi bien des hommes que des femmes de lettres, Ménage, Segrais, La Rochefoucauld, Madame de Sévigné et devint une personnalité appréciée et reconnue par ses contemporains.
Quelques-unes des œuvres de Madame de La Fayette sont La Princesse de Montpensier, son premier roman(1662) dont elle refusa l’attribution publique, Zayde (1669),La Comtesse de Tende et Mémoires de la cour de France.
Marie-Madeleine Pioche de La Vergne
Le livre
Roman clé dans l’histoire de la littérature française, La Princesse de Clèves, publié anonymement dans le Mercure Galant (journal hebdomadaire de l’époque) est considéré comme un des premiers romans modernes. Bien que court comparé aux longs romans traditionnels classiques et précieux, l’analyse psychologique de ses personnages au premier plan lui donne sa touche d’originalité.
Au beau milieu d’une ambiance où règnent hypocrisie, intrigues, dissimulation et paraitre, l’essentiel de cette œuvre se centre dans l’analyse de la passion à travers la découverte des expériences internes expérimentées par Mlle de Chartres devenue Princesse, sa sincérité et sa façon de réagir suivant le parcours de son implacable destinée……
J’envoie à votre courriel et en PDF un complément de lecture extrait de l’édition Larousse annoté et expliqué par Anne Régent, agrégée de lettres modernes, docteur de l’université Paris-IV Sorbonne, qui vous sera utile si vous souhaitez approfondir le texte pour une meilleure compréhension de ce roman.
Le lien d’une biographie de Madame Lafayette et celui d’un livre audio.
Esther Bruna.
Club de Francès.
