L’étranger d’Albert Camus
“Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile:
“Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués.”
Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.”
Albert Camus.
Chers lecteurs, lectrices
Albert Camus entâme la saison 2013/2014 des lectures du Club.
Cet auteur dont nous avions auparavant lu La Peste (1947) nous avait donné une dramatique leçon de morale en faisant de ce roman une fantastique allégorie du fascisme, et son roman L’étranger (1942) ne devrait certainement pas nous décevoir.
Il nait en 1913 à Mondovi en Algérie au sein d’une famille modeste et meurt en 1960 à Villeblevin dans l’Yonne.
Privé trés jeune de la présence de son père, qui meurt pendant la première guerre mondiale, il est élevé sous les ordres d’une grand-mère très autoritaire et d’une mère illettrée et sourde. Marqué par ce milieu défavorisé, Camus porte toute son affection sur sa mére qui le lui rend bien mais avec qui le dialogue est presque inexistant.
À l’âge de cinq ans, il rentre à l’école de Belcourt et plus tard grâce à son maitre d’école Louis Germain obtient une bourse pour continuer ses études au Lycée d’Alger. En 1930 il passe son baccalauréat et les premiers symptômes de sa maladie (la tuberculose) marqueront le ton de son œuvre.
À l’université, pendant ses études de Premières Lettres Supérieures, il connait un jeune professeur philosophe nommé Jean Grenier et découvrira l’œuvre de Marcel Proust. Il entame ensuite une carriére de journaliste et écrit pour Alger Républicain où ses articles le font remarquer.
En 1936, il fonde le théatre du travail et écrit avec trois amis Révolte dans les Asturiies une piéce qui sera interdite. Lorsque la guerre éclate il intègre un mouvement de résistance à Paris tout comme Jean Paul Sartre avec lequel il se lie d’amitié, il devient alors rédacteur en chef du journal combat à la libération.
C’est dans ce journal que paraît un éditorial écrit par Camus resté célébre, dans lequel il dénonce l’utilisation de la bombe atomique par les Etats Unis.
Son oeuvre articulée autour des thémes de l’absurde et de la révolte est indissociable de ses prises de positions publiques concernant le franquisme, le communisme, le drame algérien…
En 1957, il obtient le Prix Nobel de littérature “pour l’ensemble d’une oeuvre qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant, les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes”.
Le livre:
L’Étranger secoue l’opinion publique quand il parait en 1942. Qui a t’il de plus effrayant pour la société qu’un individu qui ne partage pas les valeurs universellement acceptées?
Ce roman fait partie d’une trilogie qui réflète l’élément essentiel de “sa philosophie de l’Absurde”. Trilogie composée par un essai Le Mythe de Sisyphe (1943) et par deux oeuvres de thëâtre Caligula et Le Malentendu 1944.
L’histoire commence en Algérie Française lorsque Meursault, le protagoniste-narrateur, reçoit un télégramme lui annoncant la mort de sa mère. Durant les funérailles il fait preuve d’un calme et d’un détachement auquels on ne s’attendrait pas chez un parent en deuil. Plus tard, au cours d’un dimanche passé au bord de la mer en compagnie de Raymond son voisin, le destin de Meursault va prendre un tour définitif…
Esther Bruna
Club de Francès.
