La vie devant soi, de Romain Gary

Émile Ajar-Tu es un garçon très intelligent, très sensible, trop sensible même. J’ai souvent dit à Madame Rosa que tu ne seras jamais comme tout le monde. Quelquefois, ça fait des grands poètes, des écrivains, et quelquefois… des révoltés…
-J’espère que je ne serai jamais normal, docteur Katz, il n’y a que les salauds qui sont toujours normals.
-Normaux.

L’auteur

romain-gary.jpgRomain Kacew, mieux connu sous le nom de Romain Gary, naît le 8 mai 1914 à Vilnius, en Lituanie. Il est issu d’une famille juive. Son père quitte prématurément le foyer, ce qui amène sa mère à l’élever seule.

A l’âge de 14 ans, Romain Gary s’installe à Nice avec sa mère. Le climat est pesant en raison d’un antisémitisme et d’un racisme crossant en France. Sa mère dirige un hôtel, la pension Mermonts, pendant ce temps le jeune Romain étudie au lycée de Nice.

En 1940, il rejoint la France libre où il sert dans les forces aériennes. C’est durant cette période que Romain Kacew choisit le nom de guerre de Gary (signifiant brûle! en russe) qui deviendra plus tard son nom de plume.

Après la guerre, il devient diplomate. Cela l’amène à beaucoup voyager, il publie son premier roman éducation européenne. Romain Gary est le nom avec lequel il sera enregistré officiellement quand il sera porte-parole de l’ambassadeur de France à l’ONU en 1952.

En 1956, Romain Gary obtient le prix Goncourt pour Les racines du ciel. Il se détache du ministère des affaires étrangères quatre ans plus tard et publie La promesse de l’aube (roman autobiographique auquel il rend hommage à sa mère).

D’un point de vue familial, il épouse une écrivaine anglaise, Lesley Blanch et plus tard l’actrice américaine Jean Seberg mais divorce des deux femmes. Il a un fils en 1963, Alexandre Diego Gary.

En 1974, Romain Gary à soixante ans, auteur de plus d’une trentaine de livres décide de rompre avec son statut d’auteur académique et réussit un tour de passe assez unique: prendre un faux nom d’auteur et être le premier double lauréat de l’histoire du Goncourt. En 1975 sous le nom d’Emile Ajar il obtient le prix Goncourt pour La vie devant soi .

Son dernier roman Les cerfs-volants, parait en 1980, année où il décide de mettre fin à sa vie.

Le livre

La vie devant soiMomo, le narrateur nous offre un récit touchant, une histoire d’amour déchirante, en racontant avec ses mots d’enfant sa vie quotidienne chez Madame Rosa, une Polonaise rescapée d’Auschwitz et traumatisée depuis la guerre qui tient une pension à Belleville. Pris d’amour pour cette dernière, le garçon fera tout pour l’aider afin qu’elle puisse rester chez elle et l’accompagnera jusqu’à la mort.

Tous les personnages du livre sont marginaux et les thèmes comme le racisme, l’antisémitisme, l’euthanasie, la drogue, le bonheur, la liberté, la dignité, la guerre d’Algérie, l’altérité, la tolérance, la misère de la condition humaine sont abordés avec maitrise depuis la vision réelle et acide de cet adolescent souffrant, avec son parler très particulier où les mots cognent là où ça fait mal.

Le film

Il existe une adaptation cinématographique de ce roman avec Moshe Mizrahi, 1977 (oscar du meilleur film étranger) en tant que directeur avec les acteurs Simone Signoret et Samy Ben Youb et plusieurs adaptations d’autres titres de ces romans.

Romain Gary est aussi l’auteur de deux films: Les oiseaux vont mourir au Pérou et Kill.

A VOUS DE COMMENTER:

  • Une des stratégies communicatives d’écriture que Romain Gary utilise se caractérise dans la construction de phrases et de fautes qui ont lieu dans la langue orale.
    Citez celles que vous avez remarquées.
  • Il utilise aussi différents registres, lesquels pouvez-vous citer?
  • Dans les deux derniers chapitres le sublime et le grotesque vont de pair. Citez ce qui vous semble le plus émouvant.


  • Esther Bruna

    Club de Francès.

    sofeita