La repudiée, d’Eliette Abécassis

“De même que la main que l’on tient devant les yeux vous cache la plus haute montagne, ainsi notre petite vie à terre nous empêche de voir les fantastiques lumières et les secrets dont le monde est rempli. Celui qui est capable de l’écarter de devant ses yeux verra l’intense rayonnement du monde interne”.
Naham de Braslaw
Le livre La répudiée proposé ce mois-ci au Club est une invitation à la lecture d’un magnifique et touchant roman d’amour qui nous permet d’aborder un thème certainement difficile à comprendre si nous n’essayons pas de l’envisager depuis la souche de la tradition juive traditionnaliste. L’histoire nous situe en Israël, dans le quartier de Mea Sharim.
Mea Sharim est un quartier où exclusivement habitent les juifs ultra-orthodoxes (les hassidim), ils sont séparés du reste de juifs, et ne se mélangent pas avec les non orthodoxes et laïcs. Ils proviennent d’Allemagne, Pologne et surtout de la Russie.
L’hassidisme qui signifie piété ou intégrité est un des mouvements populaires religieux orthodoxe et mystique de la pensée juive qui se divise en plusieurs groupes dirigés par un rabbin (chef et maître).
Les principales caractéristiques de ce mouvement sont l’influence de la Kabbale qui est basée surtout du Pentateuque, la vie en communautés insulaires et traditionnelles, la stricte application et observation de la loi juive (La Halakha), (La Torah, tradition écrite), (Le Talmud, tradition oral), et suivre les conseils du rabbin.
Le Baal Chem Tov (1700-1760) érudit fut le fondateur et détenteur des grands secrets de la Torah (Bible hébraïque qui à l’origine contient Le Pentateuque, Les Prophètes et les Hagiographes) laquelle il étudia de nombreuses années. Son nom Baal Chem Tov veut dire homme qui vit par et pour ses semblants sur la base de sa relation avec le divin ainsi les personnes qui le suivent lui donnent toute leur confiance et lui font leurs confidences.
Pour nous faire une légère idée des enseignements hassidiques il nous faut d’abord savoir qu’ils sont à la base le fait de nourrir la ferveur et d’aspirer à savoir que l’eternel existe bien au-delà de notre existence et nos expériences sur la terre, que l’homme doit avoir la foi et que son passage sur la terre doit lui permettre de se perfectionner afin de se renouveler pour devenir lui-même, non comme un idolâtre qui ne pense qu’à lui-même sinon comme une personne pleine de compassion, et qui cherche la paix à travers la vérité.
L’auteur
Eliette Abécassis naît à Strasbourg, issue d’une famille séfarade originaire du Maroc, grandit dans une ambiance familiale et culturelle juive et religieuse. Elle a suivi les classes préparatoires littéraires au lycée Henri IV à Paris et a obtenu l’agrégation de philosophie à l’école Normale.
Son père Armand est professeur de philosophie générale comparée et auteur de nombreux livres. Son enseignement brigue un dialogue fructueux entre les cultures, ainsi pour lui, la conviction .personnelle qu’il a devrait être un principe valable pour tout le monde “L’universel ne s’inscrit dans le monde qu’à travers la multitude des cultures. »
La répudiée est le troisième roman d’Eliette Abécassis qui lui a valu le prix des Ecrivains croyants en 2002 après Qumran en 1996 et Dans l’or et la cendre en 1997.
Je vous passe le lien de sa bibliographie.
Son écriture est intéressante car très documentée et offre au lecteur une lecture active permettant d’approfondir les sujets qu’elle propose.
Le livre
Nathan et Rachel s’aiment malgré leur mariage arrangé qui est une coutume chez les juifs hassidiques. Leur vie s’écoule paisiblement, et c’est avec plaisir qu’elle accepte son destin de pieuse et travaille pour que son mari puisse étudier la Torah.
Mais au fil des années se dessine le drame qui la brisera: le couple n’a pas d’enfant. Et la loi hassidique donne au mari, au bout de dix ans, la possibilité de répudier la femme stérile.
Rachel va être ainsi répudiée, rejetée par l’homme qu’elle aime.
Le film
L’auteur a coécrit le scénario de Kaddosh, film du directeur israélien Amos Gitai nominé au festival de Cannes de la Palme d’Or comme meilleur film en 1999.
A TOI DE COMMENTER:
Les expressions l’impureté mensuelle, c’est la maladie de la femme stérile je suis fière de travailler pour qu’il puisse étudier, etc.… remettent en cause l’importance du rôle qu’a la femme dans ce secteur clos, l’homme n’étant en aucun moment mentionné, qu’en pensez-vous?
Plus d’information
http://www.evene.fr/livres/actualite/interview-eliette-abecassis-corset-invisible-794.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Juifs
http://www.ccrt.ch/archivesrsr/060417malka.html
Esther Bruna
Club de Francès.
