Thérèse Desqueyroux. François Mauriac
Je n’observe pas, je ne décris pas, je retrouve. Et ce que je retrouve, c’est le monde étroit et janséniste de mon enfance pieuse, angoissée et repliée, et la province où elle baignait… Tout s’est passé comme si la porte eût été à jamais refermée en moi, à vingt ans, sur ce qui devait être la matière de mon œuvre. François Mauriac.
Avec grand plaisir, ce mois-ci , je vous propose de lire un compatriote bordelais , François Mauriac , grand écrivain, essayiste et critique littéraire né à Bordeaux en 1885. Issu de la bourgeoisie catholique et conservatrice française, le style de son écriture est analytique et très élégant.
Il fait des études de lettres à la faculté de Bordeaux , passe un temps court à l’École des Chartres à Paris puis se consacre à partir de 1909 entièrement à la littérature où il est repéré par Maurice Barrès, écrivain et homme politique français, qui lancera sa carrière littéraire à travers un fameux article au quotidien L’Écho de Paris.
Les mains jointes est son premier recueil de poemes écrit cette année là , s’en suivra Adieu à l’adolescence (1911) et il ne cessera d’écrire influencé par l’attraction qu’il sent pour les grands écrivains de la taille d’André Gide, Cocteau, Proust et Radiguet.
François Mauriac est connu populairement pour ses livres Génitrix (1923), Le noeud de vipères (1932) et Thérèse Desqueyroux (1927), ce dernier étant une de ses oeuvres majeures et celui que nous lisons ce mois-ci où nous y apprécierons comment il explore avec grande maitrise le profil psychologique d’une femme, s’enfouit dans son moi le plus profond et explore son inconscient à travers ses pulsions criminelles.
Les questions morales comme celles de la chair et de la foi y sont exposées dans une claire analyse et une certaine attraction pour la manifestation du Mal donne vie au personage de Thérèse et le présente à son lecteur comme fascinant et à la fois sensuel ainsi que démoniaque , mais écorché par des passions contradictoires .
Nous constaterons aussi combien il approfondit et décrit avec beaucoup de vigueur et de perfection la violence des sentiments et des liens de parenté de son milieu social et dans un contexte de province, hypocrite et bourgeois.
Je vous passe ici-bas une biographie, rédigée par Michel Suffran, qui a été éditée en 1985, dans le supplément du journal Sud Ouest, à l’occasion du centenaire de sa naissance si vous voulez en savoir davantage sur l’auteur.
L’histoire:
Thérèse Desqueyroux est une jeune femme mariée par convenance à un riche et respectable bourgeois de la région des Landes, à Argelouse et dont la seule préoccupation est l’honorabilité de son nom et celui de sa famille. Ne trouvant pas sa place et victime du milieu étouffant dans lequel elle vit, elle va tenter de mettre fin aux jours de son mari un peu par hasard, un peu consciemment……..à vous lecteur d’interpréter son action?
Esther Bruna.
Club de Francès.

