Le Rouge et le Noir. Stendhal

epígraphe“L’épigraphe doit augmenter la sensation, l’émotion du lecteur, si émotion il peut y avoir, et non pas présenter un jugement plus ou moins philosophique sur la situation.”

Stendhal.

Chers lecteurs, lectrices

Qui fait qu’une œuvre telle, visant à faire la Chronique du XIXe siècle dont le sujet dépeint la société de la Restauration à travers le parcours sentimental et social d’un jeune paysan ambitieux soit encore lue, très appréciée de nos jours et considérée comme l’un des chefs d’œuvre de la littérature universelle?

Il se pourrait qu’Henri Beyle, passé à la postérité sous le pseudonyme de Stendhal qui, l’utilisait depuis 1817, l’avait lui-même prédit pour les générations à venir lorsqu’il écrivit “Je mets un billet à la loterie dont le gros lot se réduit à ceci: être lu en 1935”.

Stendhal écrivit beaucoup, ses premières œuvres furent des ouvrages de critique, des essais et des compilations et il publia sous différents pseudonymes.

Le Rouge et le Noir, son deuxième roman écrit après l’échec d’Armance en 1827 passa de même inaperçu à l’époque de sa publication en 1930.

StendhalLe temps donc, une fois de plus, rend hommage à cet écrivain génial, Stendhal (d’où il puisa le nom de plume à une petite ville allemande, Stendal) et nous pouvons constater combien il visa bien sa cible car aujourd’hui et comme avant dernière lecture, les membres du Club se feront un plaisir à suivre les faits rapportés des intrigues de la bourgeoisie, la noblesse et le clergé de l’époque.

Pour raison d’espace je ne m’attarderais pas sur sa biographie car vous trouverez sur le web un océan d’informations à son sujet. Mais j’ai surtout envie de dire que même si Le Rouge et le Noir est loin d’être un roman autobiographique, le lecteur peut retrouver beaucoup de similitude avec certains aspects de la vie d’Henri Beyle dans son écriture.

Il est vrai que l’écriture se charge de remettre une “mise au net de dedans” ainsi donc si nous suivons cette définition, nous pouvons déduire que Henry Beyle écrit dans un fond pour lui-même mais surtout que cette quête de soi le conduit au plaisir de narrer son récit de vie pour laisser place à la conviction de ses idées. En écrivant pour lui-même, comme tant d’autres l’ont fait aussi… il écrit pour les autres? Il écrit pour la société ?

Pour maintenir à la fois, le sens de sa vie mais aussi le sens de son histoire présente face au lecteur, c’est à partir de deux affaires judiciaires (Berthet et Lafargue) desquelles il s’est inspiré qu’il va peindre un personnage dont l’acteur protagoniste est comme lui-même, protégé par lui-même et inventé par lui-même.

À la fois acteur et spectateur, il sait se manifester avec une force imprégnée d’individualité, de moi singulier et originel et qui a la particularité de se représenter dans différents personnages.

Comme la vérité objective est une manière inassouvie de donner une explication aux faits, la subjectivité donc, demeure en première ligne du jeu. On y trouve une recherche constante de soi-même ainsi que la même solitude qui isole et réconforte.

Je laisse donc place au lecteur pour juger et réfléchir comme d’habitude dans sa lecture active et voir si dans le récit il y trouve beaucoup de vrai mais à la fois beaucoup de romanesque. Voilà où réside en effet le grand plaisir de la littérature!

LE LIVRE:

Le rouge et le noir
Julien Sorel, le héros du roman, est un jeune homme ambitieux et passionné, nourrissant des rêves napoléoniens, instruit par de nombreuses lectures, qui aurait voulu devenir soldat, fils de charpentier, il sera engagé au service du maire ultra d’une petite ville de Franche-Comté et par ambition, étudiant de théologie dans un séminaire de Besançon subissant tout un enchaînement de circonstances qui le porteront à Paris où il deviendra secrétaire et obtiendra la confiance d’un grand seigneur, le marquis de la Mole
 
Esther Bruna
Club de Francès.

sofeita