Nous sommes tous des playmobiles. Nicolas Ancion
Ça faisait tellement longtemps que je me disais qu’il aurait fallu créer une école pour former les assassins et les meurtriers que j’avais fini par en ouvrir une. J’étais persuadé qu’avec un enseignement rigoureux et des étudiants motivés, on pourrait obtenir rapidement des résultats tangibles : des meurtres vraiment anonymes, des prisons vides, des morts bien morts et des coupables introuvables. Mais pour ça, il aurait fallu que l’État soutienne mon initiative et ce n’était pas le cas. J’étais en avance sur mon temps, l’Éducation nationale n’était pas encore prête à subsidier ma filière de formation.
Nicolas Ancion
Chers lecteurs, lectrices
Nous sommes à présent habitués au Club de lire le genre littéraire de la nouvelle, d’une part pour la commodité qu’il offre au lecteur de choisir les histoires sans devoir lire tout le livre et d’autre part pour sa concision dans tous les aspects, ainsi vous allez pouvoir constater avec Nicolas Ancion
que ce n’est vraiment pas l’imagination qui manque chez cet original écrivain belge, fils de marionnettistes professionnels, né à Liège en 1971 et résidant actuellement à Caux-et-Sauzens dans l’Aude.
Il est licencié en lettres et langues romanes, romancier, nouvelliste et poète ainsi que critique de bandes dessinées.
Il a écrit pour le théâtre, la radio, Internet et depuis son premier livre intitulé Ciel bleu trop bleu pour lequel il remporta le Prix Jeunes Talents de la Province de Liège, il n’a cessé d’écrire remportant de nombreux prix littéraires en Belgique et à l’étranger, dont notamment le Prix Rossel des jeunes, en 2009 pour son roman L’homme qui valait 35 milliards, roman qui sera adapté au théâtre en 2011 puis au cinéma l’année d’après.
Lecteur enthousiaste il se plait à discuter avec les élèves de la lecture, des livres et du monde de l’édition ainsi qu’animer des ateliers d’écriture aussi bien dans la communauté de Belgique qu’à l’étranger.
Bon connaisseur des réseaux sociaux et de la jeunesse, il a interagit avec les internautes permettant ainsi le contact spontané avec le lecteur et a réalisé la performance d’écrire un polar en 24h en direct au cours d’un marathon littéraire à Bruxelles en mars 2010 puis à New York en mai 2013. L’ouvrage s’intitulant Courir jusqu’à New York, les internautes ont suivi toute l’évolution du récit consultable en ligne pendant l’écriture même. (www.mondesenvf.fr)
Un an après il renouvelle l’expérience d’écrire un roman en 24h à Hanoi et Hô- Chi-Minh-Ville (Vietnam), le manuscrit aussi étant consultable en temps réel sur le web.
Pour le recueil de nouvelles que nous lisons ce mois-ci Nous sommes tous des playmobiles il remporte le prix Franz de Wever de l’Académie royale de la langue et littérature belge.
Le recueil présente dix nouvelles variées d’un humour corrosif comme Bruxelles insurrection et où il n’hésite pas à employer un langage très familier, les injustices et la cruauté de notre société comme La tache de sauce… etc, façonnant une critique dans l’ensemble assez désenchantée du monde.
Je vous laisse donc entrer dans le monde de Nicolas en espérant que les petites histoires que vous lirez vous plairont.
Esther Bruna
Club de Francès.
