Les liaisons dangereuses. Pierre Ambroise Choderlos de Laclos
Et qu’avez-vous donc fait, que je n’aie surpassé mille fois? Vous avez séduit, perdu même beaucoup de femmes: mais quelles difficultés avez-vous eues à vaincre? Quels obstacles à surmonter?
Où est là le mérite qui soit véritablement à vous? Une belle figure, pur effet du hasard; des grâces, que l’usage donne presque toujours; de l’esprit à la vérité, mais auquel du jargon suppléerait au besoin; une impudence assez louable, mais peut-être uniquement due à la facilité de vos premiers succès; si je ne me trompe, voilà tous vos moyens: car pour la célébrité que vous avez pu acquérir, vous n’exigerez pas, je crois, que je compte pour beaucoup l’art de faire naître ou de saisir l’occasion d’un scandale.
Lettre LXXX I Choderlos de Laclos.
Chers lecteurs,
Chacun de vous aura déjà entendu parler ou sûrement visionné le film de Stephen Frears, avec Glenn Close, John Malkovich, Michelle Pfeiffer et Uma Thurman, 1988, qui offre une adaptation libre du livre que nous lisons ce mois-ci au Club, Les liaisons dangereuses, un roman du genre épistolaire manié d’une façon exemplaire et unique chef-d’œuvre de Pierre Ambroise Choderlos de Laclos.
Ce militaire frustré dans sa carrière militaire nait en 1741 à Amiens, époux et père de famille sans histoire. Il découvre vers sa quarantième année qu’il peut s’adonner à l’écriture et s’entraine à elle sans grand succès jusqu’au moment où il a la brillante et originale idée d’écrire un roman qui “fasse scandale” à l’époque et y réussit vraiment car l’œuvre fut censurée jusqu’au XIX s.
Pour en savoir bien plus à ce propos je laisse place à la magnifique introduction que fait René Pomeau de l’œuvre que vous avez entre les mains et qui situe parfaitement le lecteur dans le contexte et l’époque, bien que, ce sont les premières pages jusqu’à la 21 où il parle de la rédaction qui me paraissent plus susceptibles de mettre l’eau à la bouche et inciter le lecteur d’aujourd’hui à passer directement aux lettres de cette œuvre passée à la postérité.
Dès le départ, comme caractéristique du roman épistolaire et qui donne une dimension réelle des évènements, le lecteur lit la préface où il est averti par Laclos que l’unique chose qu’il a faite est d’avoir classé et recopié toutes les lettres existantes qui lui ont été confiées en ayant pris évidemment bien soin de changer les identités des personnages.
Ainsi il présente un recueil de lettres qui plonge les lecteurs dans les intrigues perverses de deux membres de la noblesse…
Pour se distraire la Marquise de Merteuil décide de se divertir en fomentant une petite intrigue pour son propre amusement et celui d’un ancien amant le Vicomte de Valmont. Leurs principales victimes sont deux jeunes femmes Cécile Volanges et la Présidente de Tourvel.
Ces deux libertins cultivés, libres-penseurs, séduisants, manipulateurs et cyniques vont se livrer un duel sans merci remettant en cause toute contrainte morale et religieuse et se satisfaisant avec tous les plaisirs charnels tout en ayant une place de considération dans la haute société.
À vous chers lecteurs, de vous laisser transporter ou non dans l’esprit et point de vue de chaque personnage, vous y avez une situation privilégiée et, comme d’habitude, opiner, faites vos propres commentaires et critiques sur le blog si vous en avez le désir et venez nombreux le jour de notre réunion à la bibliothèque.
Au plaisir de vous revoir et à la prochaine.
Biographie de Pierre Choderlos de Laclos (1741- 1803)
Esther Bruna
Club de Francès.
